lundi 4 août 2008

ITW Henri Sérandour, Président du CNOSF avant les Jeux Olympiques de Pékin


Une interview, à l'AFP, très intéressante du Président du Comité Nationale Olympique et Sportif Français, Henri Sérandour, où il parle notamment des candidatures françaises aux Jeux Olympiques pour 2018 et 2024....


JO-2008 - Sérandour: "Je pars à Pékin avec beaucoup d'anxiété"

le 31/7/2008 à 16h01 par Françoise CHAPTAL (AFP)

Henri Sérandour va vivre à Pékin "avec beaucoup d'anxiété" ses derniers Jeux à la tête du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), dans un climat à nouveau serein mais encore plein du souvenir des événements qui ont entouré le relais de la flamme olympique, en avril à Paris.

Quatre mois après le chaotique passage de la flamme olympique à Paris et alors que vont s'ouvrir vos derniers Jeux en tant que président du CNOSF, dans quel état d'esprit êtes-vous ?
"Je suis un peu partagé. Je pensais pouvoir me dire: +Ce sont tes derniers JO de président, essaie de les vivre au maximum...+ Mais je pars avec beaucoup d'anxiété liée à ce que j'ai pris au mois d'avril. J'ai trop d'expérience pour partir la fleur au fusil. D'habitude, j'ai toujours peur d'un accident mais là en plus je redoute un coup sournois, la faiblesse d'un élément de la délégation qui penserait faire un bon coup et aurait été manipulé par des gens extérieurs... J'apprécierai les JO en 2012, quand je serai l'invité du CIO."


Avec le recul, que retenez-vous de ces événements? Changeriez-vous quelque chose à votre attitude ?
"Oh oui, je serais beaucoup plus prudent. Lors du passage de la flamme à Paris, j'étais à Pékin devant 600 personnes (à l'assemblée générale des comités olympiques nationaux). Il y avait des représentants de pays où la situation est terrible et qui aimeraient bien que l'Europe se penche sur leurs problèmes. Des gens m'ont dit: Vous, Français, vous êtes donneurs de leçons à nous parler des droits de l'homme et de la liberté d'expression! Soyez un peu plus modestes.
J'ai essayé d'expliquer ça en France. Mais tout ce que je disais me pétait à la figure parce qu'on était dans la sensibilité des événements du Tibet. On ne voulait parler que de ça. Je suis tombé dans ce piège. Les députés l'ont ont bien compris, après m'avoir traité de paillasson du CIO. J'ai tenté d'expliquer que pour certains pays c'est une grande chance d'aller aux JO. Je n'ai pas pu et j'en ai pris plein la tronche. Tout ce que je pouvais dire était retenu contre moi. J'étais entre le marteau et l'enclume: mal vu en Chine, mal vu dans mon pays. Ca a été une période très dure."

Votre but était de protéger les athlètes. Avez-vous réussi ?
"Oui, je voulais les protéger. Les JO étant à Pékin, que je sois d'accord ou pas, c'est trop tard. J'ai 300 gamins qui veulent aller aux JO et je dois tout faire pour qu'ils y arrivent dans les meilleures conditions. C'est ça mon métier. Mes sentiments personnels ne comptent pas. Ca n'a pas été bien compris et j'ai trouvé que l'addition était lourde."

Quid du fameux badge "universel", alors que les Jeux s'ouvrent dans quelques jours ?
"Le problème est de savoir pourquoi les Français manifesteraient ceci, les Africains cela? Chacun ne peut arriver avec son truc et manifester ses difficultés. Le sport peut faire beaucoup mais pas tout... Dans leur tête, les athlètes français savent déjà ce qu'ils peuvent faire ou pas. Ils ont les textes comme moi. Mais j'ai fait la demande. Le dossier sera à l'ordre du jour de la commission exécutive, les 2 et 3 août à Pékin".
L'image de la France dans le mouvement sportif international a-t-elle souffert de cet épisode ?
"Je n'aurais pas eu la même réponse au mois d'avril, mais aujourd'hui, tout ça s'est dissipé. Le meilleur moyen de savoir, c'est de lâcher une candidature pour les JO d'hiver 2018 (Nice, Annecy, Gap, Grenoble sont candidates à la candidature, ndlr) ou les jeux de la Jeunesse 2014 (Toulouse, Rouen, Dunkerque, ndlr).

Et les Jeux d'été ?
"Les JO d'été 2020, c'est trop tôt (notamment en vertu de la règle non écrite d'alternance des continents, ndlr): 2012 c'est Londres. Par ailleurs, pour 2020, il faudrait y aller maintenant. Mais je n'ai pas de candidature et on sait que M. Delanoë (le maire de Paris) ne veut pas y aller. Au mieux c'est 2024. Mais je voudrais qu'après 2012, on soit quand même candidats à une grande manifestation omnisports afin d'améliorer nos relations avec les fédérations internationales et les membres du CIO. Si l'on devait ne pas être retenus, il faudrait qu'au moins cette candidature ait recentré notre action et fait que l'on se sente à nouveau bien sur le plan international."

Souhaitez vous des jours plus tranquilles à votre successeur (qui sera élu le 20 mai 2009) ?
"Oui, mais il ne les aura pas. On a des problèmes sur la formation, sur les paris en ligne, sur le financement du sport, le dopage... Au départ, les candidats étaient nombreux, ils le sont un peu moins maintenant qu'ils voient le poids de la charge. Il n'y a aucun candidat officiel, ne serait-ce que par respect pour moi, même si Guy Drut a été donné candidat. Mais quoi qu'il arrive, ce sera quelqu'un du sérail."

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